Gábor, samedi soir...

Atilla, samedi soir...

Samedi 20 octobre 2007

J’ai eu tort de m’inquiéter pour les cafards, cette semaine ils refont garden party dans la cuisine… Comme toute grasse matinée qui se respecte en Hongrie, me suis levée à 7h45. Ménage, petit mot aux voisins pour leur conseiller de partir en week end – pas de bol, certains m’ont répondu qu’ils bossaient dimanche matin, ça va être jojo – et dernières courses… ça rigole pas, j’organise ma première soirée. Ça me manquait presque, tiens ! Petit problème, on a averti un peu trop de monde… une vingtaine clampins devraient venir.
En fin d’aprèm ont débarqué Maëlle, Sarah (des JD en vadrouille) et Agnès. Et petit à petit tous les autres ! C’est ça, une vingtaine de personnes… Comment ça peut se résumer une soirée ? On s’est bien marré, on a bien chanté, on a bien mangé, on a bien bu ! J’avais fait une mixture orientale qui a fait son petit effet à l’apéro (merci maman!) et deux gratins dauphinois (sans vrai crème fraîche ça tient de l’exploit) et les Allemandes avaient préparé un super gâteau au chocolat. Sans compter toutes les merdouilles que chacun avait apportées.
La maison s’est vidée au fil de la soirée… Gábor et son pote sont restés jusqu’à 3h du mat’ ! Mais ils seraient bien encore un peu restés, si Maëlle et Sarah n’étaient pas en train de tomber de sommeil (la vadrouille ça fatigue, et elles habitent pas à côté).
Même pas la gueule de bois ce matin. On s’est levé vers 10h, on a bu le café, parlé chouilles et élèves (au fil de la conversation, c’est pas incompatible !) et les filles ont repris leur sac à dos. Suis allée jeter mes 5 poubelles de festivités… et remontée chez moi, j’ai vu du balcon un gamin fouiller le container, éventrer mes sacs avec son bâton, et récupérer quelques pop corn et bouts de pain. Quels mots, pour quels commentaires ?

Vendredi 19 octobre 2007

Aujourd’hui, contexte différent. J’étais à Fáy, mon lycée principal. En arrivant ce matin, j’ai cru avoir débarqué dans un lycée anglais. Tous les élèves en costumes ! Pour les filles, jupes et col marin, pour les garçons le costard. Ils étaient beaux ! J’ai vraiment regretté mon appareil. Je leur ai demandé de venir en cours de français toujours sapés comme ça. Mais j’ai des doutes… Crois pas qu’ils le feront.
Tout s’est bien passé jusqu’à une minette de 11/A me demande, paf comme ça, en début de 2ème heure : « ça veut dire quoi foutre ? » bon sang, j’ai foiré où, moi ? On était pourtant sur un jeu de rôle en 1ère séance, sur le thème de la personnalité ! J’aurais voulu photographier mon tableau en fin d’heure… Surréaliste… « Attention ! Vous voyez, connard devient connasse au féminin, et non connarde… Oui, Adám, c’est ça, mais généralement on ajoute les adjectifs sale, gros, ou pauvre, quand on traite quelqu’un de con ou de salaud… » J’ai aussi appris un tas de gros mots. Contente. Ensuite, les débutants ! On est sur le thème de la famille… Chacun m’a fait son arbre généalogique et me l’a expliqué. Rappelons que je suis blonde. Ai trop ri en découvrant un nouveau prénom hongrois : Emece ! Mon pauvre Botond. Il comprenait pas pourquoi je riais sur son arbre. En plus c’est un de mes - nombreux, je l’admets - chouchous. Il a fallu que j’explique ce que veut dire éméché… On a tous ri, le youpi.

Après ce cours, ça a été beaucoup plus sérieux. Pour la minute Histoire de Hongrie, mardi est férié, parce qu’on célèbre le 23 octobre 1956, date à laquelle le peuple a tenté une grande rebeyne (hop là, un mot de patois lyonnais) contre le gouvernement soviétique. Un massacre, bien sûr. Alors pour le dernier jour de classe avant cette journée, on se fait beau. Et on participe à la cérémonie en hommage à la révolution manquée.
Je crois que j’ai bien fait d’y assister. En petite Française, pour qui patriotisme est un mot galvaudé, sali par les pastilles Vichy, Pétain & Co. j’ai reçu une grande leçon… C’est la première fois que j’ai vraiment ressenti une différence culturelle majeure entre la France et la Hongrie. Chez moi, on a fait de la patrie un truc moche, mais ici, on a essayé de leur voler un sacré nombre de fois. Alors, la patrie, c’est important.
Tout les lycéens étaient regroupés dans le hall central, un peu le boucan, bien sûr. Me suis demandé comment les profs s’y prendraient pour faire taire 670 élèves ? Simple, ils ont lancé l’hymne national. Bluffée ! Aux deux premières notes, tout le monde s’est tu et s’est levé. Pas un bruit, personne pour pouffer ou même chuchoter. L’hymne c’est du sérieux. La suite aussi. Pourtant, un zygomatique français aurait été mis à rude épreuve après ça… Un garçon et une fille ont porté cérémonieusement le drapeau hongrois au centre de la scène, suivis de trois minettes en justaucorps GRS et rubans aux couleurs de la Hongrie. Petite chorégraphie, puis les trois se regroupent autour du drapeau, s’extasient dessus, font un tas de petits mouvements. Vous voyez ? Je trouve que des mots frisant le cynique en français alors que sur le coup, juré, c’était à la fois démentiellement kitch et super fort. Ensuite, textes, projections de photos, chansons (dont une magnifique, que j’ai déjà essayé d’apprendre)… Là encore, pas un élève pour se foutre du petit prof à tête de mulot qui a fait péter la guitare, ou de la prof de musique chantant un peu faux, sous le coup de l’émotion. Enfin, cérémonie des roses autour du drapeau. Les quelques élèves au centre, ayant chanté et lu les textes, se placent progressivement en rond autour du drapeau…. Et s’agenouillent !
J’imagine mal le lycée Jean Moulin de Lyon organiser une quelconque cérémonie en l’honneur de notre plus grand résistant, ou les élèves du lycée Branly la boucler pendant l’hymne national et aller baiser le drapeau à la fin… Pas les mêmes référents, pas les mêmes préoccupations et pas la même histoire. En tous cas, j’ai beaucoup aimé. Je pige mieux un tas de petites choses sur l’identité hongroise (pourquoi même les la-vie-c’est-nul-je-m’habille-en-noir ont un fanion de la Hongrie sur leur sac à dos, pour un exemple vraiment très con).

Et voilà, un avant-goût de vacances… un week end de 4 jours ! Enfin !

Jeudi 18 octobre 2007

Semaine à la fois exténuante et très sympa… Bon, c’est pas le trou, mais le tampax (toujours la douce Agnès). Jeudi, était organisée une Rencontre Interclasses avec les apprenants de français du lycée Avasi. Bonne idée, si ce n’est qu’on m’avait commandé une conférence (rien que ça) sur Lyon. C’est qu’il y en a des choses à dire sur Lyon ! C’est marrant, quand j’ai rencontré Quentin, à Budapest, la première chose qu’il m’ait demandé c’était : « Dis, toi aussi, tu les bassines avec Lyon ? Moi j’arrête pas, j’aime trop, quoi ! » L’ai rassuré, Agnès, tout le monde, ils n’en peuvent plus... Là, au moins, j’allais pouvoir m’exprimer héhéhé ! Mais alors, le boulot ! Trouver les infos, les trier, me faire des fiches thématiques, créer les PowerPoint, un peu stressant pour le coup. Mais moi, maintenant, je sais comment sont nées les papillotes ! Si vous êtes sage, je vous dirai, c’est une belle histoire.

J’ai été plutôt étonnée par l’organisation. Ici, il n’y a pas beaucoup de moyens. Mais tout le monde y met du sien. Les toasts, les boissons, la réorganisation de la salle, tout se fait ensemble. Les élèves comme les professeurs. Y’a ce petit côté collectif et solidaire, que j’aime bien. Peut-être un relent de l’idéal communiste ?
Bref, après un jeu collectif, le moment crucial est arrivé… Je l’ai un peu repoussé grâce à ma botte secrète : la chanson de Camille, Paris, qu’on répète depuis 3 semaines ! Les élèves se sont lâchés, et les prof ont adoré la mélodie franchouniaise. Cool ! Galvanisée, j’ai jeté mes fiches et improvisé sur les projections de photos et de résumés que Dénes, un de mes chouchous, faisaient tourner. Ai ajouté des anecdotes marrantes, fait un peu la mariole, histoire de les tenir en haleine (c’est pas que le XVII° siècle à Lyon soit pas intéressant m’enfin) et ça s’est finalement très bien passé. Les élèves ont applaudi, tout ça, vraiment contents. Nan c’est vrai ça faisait sincère ! Ils l’ont même fait deux fois, alors. On a tous notre quart d’heure de gloire… Moi c’était devant une petite cinquantaine d’ados hongrois. Voilà. Ils ont voulu rechanter… J’ai espéré que ce serait la dernière fois que j’entendrai cette foutue rengaine… Les prof ont de nouveau secoué leurs têtes. Beau moment, j’ai rarement l’occasion de vraiment discuter et partager des moments hors classe à Avasi, je n’y suis que le jeudi matin. Vous les verriez, des choux à la crème, même ceux qui ont les cheveux gras. La semaine prochaine, je cours remplir quelques formulaire d’adoption.

Dimanche 14 octobre 2007

Après une journée de remue-méninges et une soirée comme ça, on dort bien… sauf qu’il a fallu se lever ! Deuxième journée de formation. Vaillants, on a tous pris nos pieds à 8h et youkaïdi. Encore un peu de blabla pour la forme à l’Institut, puis formation Théâtre, avec Laurent, super intervenant. Le pied. Je pense pas pouvoir appliquer la moitié de ce qu’on aura vu dans mon atelier théâtre, mais je vais essayer ! Même les plus réticents se sont prêtés au jeu, c’était vrai chouette. L’après-midi, on avait possibilité de jouer les touristes. On s’est pas gêné. Grâce à deux anciennes JD (Il y a peut-être vingt ans de ça !) on a pu faire le tour de Budapest en car, faire des petites pauses et photographier le tout à côté des Jap’. Mais nous, c’était forcément mieux, parce qu’on avait une guide complètement allumée, très drôle et un peu trash. J’ai beaucoup aimé l’histoire du pauvre gars enfermé dans un tonneau orné de gros clous… « Ah ! Et il est mort vous savez ! » suivi d’un petit rire. Pour la soirée, demi-finale de rugby oblige, tout le monde avait réservé sa table au bar resto de l’Institut Français… Un peu blasés sur le coup, il a fallu qu’on trouve un autre plan, et on a fini par manger dans une crêperie dégueulasse. Mais à flâner, on est tombé sur une brasserie belge ! Bonheur, de la bonne bière ! J’ai pris la Bière du Corsaire, et j’ai (forcément) gardé la bouteille. On était qu’un petit groupe de JD, mais AJT… Bonnes discussions, bons délires, que du bonheur, les enfants. Même qu’Olivier veut être mon coach pour la pêche au Gábor. Olivier c’est un peu Brel en plus cynique. Lui et Greg (un petit gars terrible aussi) nous ont donné l’adresse de types en coloc’ près d’Astoria, pour voir le match. Bon, je passerai sur la boussole que n’a pas Agnès, sur le fou rire qu’on s’est payé avec Laure sur le sujet… On est arrivé à bon port, finalement, et on s’est retrouvé dans un remake de l’Auberge Espagnole. Une coloc’ de cinq gars, qui en avaient invité 32 autres pour la soirée, venant de partout partout en Europe : Un des coloc’, Quentin, venait de Lyon ! Et du 5ème en plus !… On a à peu près réussi à tenir dans l’appart’, et on a pu regarder la deuxième période. Pas terrible le match, hein ? Enfin, ça a surtout été sympa pour l’ambiance estudiantine. Ca sentait l’année festive pour eux… Mais nous aussi, hé, on sait faire ! De retour à l’hôtel, je sais pas comment, mais presque tous sont arrivés au même moment, Minuit. Le deuxième effet Citrouille ? Alors, contents de se retrouver, on a fait un tour-squat des chambres avec quelques chips-bières-vin, au gré des envies de dormir de chacun, pour finalement clôturer à 3h du matin. Allez, quoi, c’est pas tous les jours ! Bordel de cul de mammouth (dixit la douce Agnès)
Une fin de semaine comme on les aime ! Suis sur les rotules, mais c’est ça qu’est bon... Aujourd’hui, on y est allé tout doux ! Nous sommes levées en fin de matinée, avons tranquillement déjeuné en terrasse au soleil sur Moskva Tér, puis pris notre train à 14h35. L’hiver vient doucement, on le sent dans l’air...
Bonne nuit !

Je m’interroge. Où sont passés mes petits amis cafards ?

Samedi 13 octobre 2007

Ce vendredi matin, on s’est levé (trop) tôt avec Agnès, pour prendre notre train de 6h28, direction Budapest. Mais comme c’était pour une chouette occasion on a même pas (trop) râlé ! Et organisées que nous sommes, on a pu se permettre un p’tit café avant de retrouver tout le monde. Bien sympa d’ailleurs de pouvoir revoir tous les JD, et de rencontrer ceux qui rempilent pour une deuxième année (que comme quoi ça se fait). On a retrouvé notre Thierry adoré qui nous a fait la visite du CIEF et de sa médiathèque, puis du verbiage sur le comment du pourquoi enseigner avec deux autres intervenants, et gnagna gni et gnagna gna. Saoulant. Mais nécessaire ? Je ne sais pas. Puis trois heures pour faire une fiche pédagogique… Heureusement, Olivier avait décidé de faire chier l’intervenante et ça a mis un peu de piment dans l’affaire. Il est dingue. Enfin, plutôt contents que la fin de journée ramène se fraise ! Ca nous a permis d’aller boire quelques pintes dans le pub, près de notre hôtel, et d’enfin parler de choses importantes et subtiles : C’est quoi le prix de la brune ? Tu connais la Roumanie aussi ? Et toi tes élèves y te kiffent ? Du concret, donc. Pis dîner arrosé. J’ai invité tout le monde samedi prochain du coup.